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19 avril 2019

MARTINE BULARD:CORÉES.ENFIN LA PAIX ?

 

Martine Bulard, rédactrice en chef adjointe du Monde Diplomatique, présente le numéro de Manière de voir: " Corées. Enfin la paix ? " Emission Si vis pacem de l'Union pacifiste, sur radio libertaire, le 18 avril 2019. Animation: Bernard Baissat

 

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30 mars 2019

SERVICE NATIONAL UNIVERSEL & L'UNION PACIFISTE

 

 

NON au Service National Universel !

NON à la militarisation de la jeunesse !

Communiqué 2 Jpeg

 

Le 15 mars 2019, une vingtaine de pacifistes se sont réunis dans le petit local parisien de l'Union Pacifiste pour donner leur opinion sur la mise en place du SNU (Service National Universel) et le recrutement le 4 mars 2019 d'un premier contingent de 3 000 jeunes filles et garçons.

 

Rappel des faits

Les pacifistes connaissent tous la promesse d’Emmanuel Macron, candidat à la présidence de République en 2017, qui demandait le rétablissement d'un Service National « encadré par les armées et la gendarmerie nationale ». Il précisait : « Ce service national permettra aussi de disposer, en cas de crise, d'un réservoir mobilisable complémentaire de la garde nationale. »

Les pacifistes ont lu le rapport du général Daniel Menaouine, responsable en 2018 du groupe de travail sur le SNU : « … chaque génération doit, autour de sa majorité, prendre conscience des enjeux de la défense et de la sécurité nationale, s'approprier les moyens d'en comprendre les outils et discerner le rôle que chacun peut y jouer. »

Le service sera organisé en deux phases majeures :

« La phase 1, obligatoire, après la classe de troisième, entre 15 et 18 ans, comprend un temps de cohésion (15 jours en hébergement, centrés sur les valeurs, les savoir-faire, et savoir-être) et un temps de projet collectif (15 jours)... La première des filières est celle liée à la défense et à la sécurité nationales, entendues dans leur acceptation la plus large. »

La phase 2 est celle de « l'engagement volontaire pour une durée de trois à six mois, avant 25 ans... Cette période pourrait aussi être celle de la préparation militaire. » Tout en insistant sur « l'efficacité souvent démontrée des méthodes militaires de formation » le rapport du général note « qu'une minorité, qu'on espère réduite, rechigne à se soumettre à cette exigence ne mérite pas qu'on mette en danger l'ensemble du système. » Le général Menaouine ajoute : « On ne doit pas dissimuler l'ampleur des oppositions qui, sans doute minoritaires aujourd'hui, pourraient demain concerner, de manière plus significatives, les principaux intéressés, c'est-à-dire les jeunes et leurs organisations. » Sachant que des antimilitaristes existent encore en France, le général prévient : « Il est aisé de caricaturer le projet, en méconnaissant ses dimensions novatrices : on pourrait y voir le simple rétablissement d'un service militaire vaguement "civilianisé", improvisé, bricolé, et reposant sur une critique implicite de la jeunesse par des générations plus âgées, qui n'ont d'ailleurs pas fait de service militaire et peuvent ainsi l'idéaliser, mettant en cause l'absence de valeurs, l'irrespect pour l'autorité ou les institutions, regrettant l'individualisme et appelant à la solidarité sans risque puisqu'elle ne concerne pas ceux qui la vantent. »

Les membres de l'Union Pacifiste ont été flattés de constater que, par ces propos, le général ne les a pas oubliés ! Ils savent d'autre part que le ministère des Armées n'a pas voulu s'occuper de l'accueil des "appelés" et n'a pas accepté de consacrer une part de son budget à l'organisation du SNU. C'est donc le ministère de l'Éducation Nationale, déjà en difficulté, et le secrétaire d'État Gabriel Attal qui sont chargés de lancer le dispositif.

Gabriel Attal déclare : le SNU « n’est pas un service militaire » et il ajoute : « [le président de la république] a toujours été clair aussi sur le fait que les militaires seront présents dans le SNU. D'ailleurs, l'architecture initiale a en partie été construite par le général Menaouine et son groupe de travail. Les militaires participeront à la formation des encadrants et à une partie de l'encadrement, ainsi qu'aux interventions notamment pour les modules défense, résilience ou cohésion en plein air. J'y travaille avec mes collègues Florence Parly, ministre des Armées, et sa secrétaire d'État, Geneviève Darrieussecq, et j'ai rencontréle chef d'état-major des armées, le général Lecointre, pour avancer avec lui sur ces sujets. »

Interrogé le 5 mars 2019 par la commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat, Gabriel Attal a dû répondre à des sénatrices et des sénateurs qui s'étonnent que les parlementaires n'aient pas été consultés sur le SNU et qu'ils aient appris par les médias le lancement du SNU. Ils reprochent le flou du projet sur le financement et s'interrogent sur la base légale de l'organisation de la phase-test.

Il s'agit en effet de regrouper, dès le 16 juin 2019, 3 000 jeunes mineurs, âgés de 16 ans, dans des "maisonnées" situées dans 13 départements : Les Ardennes, le Cher, la Creuse, l'Eure, la Guyane, Les Hautes-Pyrénées, la Haute-Saône, la Loire-Atlantique, le Morbihan, le Nord, le Puy-de-Dôme, le Val-d'Oise, le Vaucluse. On sait déjà que dans les Ardennes, 150 à 200 jeunes passeront deux semaines au sein du lycée Bazin de Charleville-Mézières (des locaux mis à disposition par la Région). Même chose dans le Vaucluse, où le lycée Pétrarque d'Avignon se tient prêt à accueillir les jeunes volontaires, ou encore dans la Creuse, où le lycée des métiers du bâtiment de Felletin leur servira de camp de base. Dans les Hautes-Pyrénées, le lieu sera un centre d'hébergement de l'association des pupilles de l'enseignement public (Pep) à Artigues.

 

Réactions au SNU

Les responsables du lancement du SNU, civils et militaires, ont choisi d'éviter, dans un premier temps le terme "obligatoire" et utilisent les méthodes de la publicité pour attirer les jeunes adolescents dans leur projet : commencer par une période basée sur le volontariat, faire miroiter des avantages (comme la possibilité d'obtenir le permis de conduire et de se préparer à de nouveaux métiers), offrir une belle plaquette où sont présentées les différentes périodes de l'engagement.

Il est intéressant de relever dans "la première phase de cohésion" les réponses aux questions que les candidats risquent de se poser :

- « À quelle heure je dois me lever ?

- À 6h30. La journée débute par le lever des couleurs, cérémonie pendant laquelle on lève le drapeau français et chante la Marseillaise.

- Je peux garder mon portable ?

- Il est interdit la journée pendant les activités.

- Je m'habille comment ? 

- Nous allons fournir une tenue que tu pourras conserver. Pour des raisons de circonstance la première proposition qui était « un gilet jaune avec le sigle SNU » risque d'être abandonnée !

Il est intéressant de savoir comment les jeunes, consultés pendant leur « Journée défense et citoyenneté » obligatoire, ont répondu. 25 % ont dit qu’ils "n’ont pas du tout envie de faire leur SNU".

En juin 2018, 14 organisations de jeunesse se sont opposées à un SNU obligatoire : Animafac, Coexister, Fédération des associations générales étudiantes (Fage), Jets d'encre, Les Jeunes Écologistes, Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), La Mutuelle des étudiants (LMDE), MAG Jeunes LGBT, Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC), Promotion et défense des étudiants (PDE), Syndicat général des lycéens (SGL), Union nationale des étudiants de France (Unef), Union nationale lycéenne (UNL), Union nationale lycéenne – syndicale et démocratique (UNL-SD).

Louis Boyard, président de l'UNL déclare : « on demande que le SNU soit annulé. Ce n'est pas au SNU de nous éduquer ou d'assurer la mixité sociale. C'est à l'École de le faire. On demande que le budget prévu pour le SNU, 3 milliards, soit versé aux lycées. »

En septembre 2018, l'historien Bernard Girard consacre plusieurs articles de son blog sur Médiapart au SNU. Ils ont pour titre : « SNU : surveiller et soumettre », « Un projet qui vise les plus jeunes toujours plus jeunes ». Il remarque : « le recours à la désobéissance civile ! Un peu lourd à porter, quand même, quand on n’a que 15 ou 16 ans. » Et enfin : « Boycottons le Service National Universel ! »

En décembre 2018, la Libre Pensée, publie un document très complet sous le titre : « Le service National universel ou les nouveaux chantiers de jeunesse », faisant référence à l'époque sombre de la collaboration. On peut lire : « Il s’agit en fait d’imbiber la société par le militaire. C’est la discipline des consciences qui est recherchée... Dès 15 ans, on va ainsi “bourrer le crâne” des enfants sur la question de la Défense nationale au sein de l’École publique... On va donc faire intervenir des militaires, des gendarmes, des Anciens Combattants, des réservistes de tout poil, qui vont parler de la Patrie et de la Défense nationale (nom pudique d’aujourd’hui pour ne pas dire « de la Guerre »). Que devient la liberté de conscience de celui ou de celle qui se moque comme de sa première chemise de la “cohésion nationale” ? »

En 2019, quelques journaux pour la jeunesse, et particulièrement pour les jeunes filles, présentent le SNU et s'interrogent sur le contenu de la formation. En février 2019, le numéro d'Alternative libertaire, est plus radical : « Macron veut soumettre la jeunesse... Le service national qu’il soit militaire ou non est une privation de liberté »

 

Position de l'Union Pacifiste

Les membres de l'Union Pacifiste se sont réunis le 15 mars 2019, à Paris, avec des membres d'associations, de syndicats, de mouvements de jeunesse, de partis politiques, d'organisations laïques, pédagogiques ou écologistes, avec des historiens, des journalistes et des écrivains, afin de définir une position commune.

Chacun s'est exprimé sur son interprétation du Service National Universel au regard de ses connaissances de l'engagement civique ou de ses expériences du refus du service militaire.

Les points suivants ont été soulevés :

- l'âge précoce du recrutement qui facilite le "bourrage de crâne". Le rapport du général Ménaouine mentionnait déjà : « La difficulté est que l'état actuel du droit constitutionnel semble interdire à l'État de se voir reconnaître par la loi le droit d'imposer une obligation de séjour durant un mois et d'activités ultérieures à l'ensemble d'une classe d'âge... L'État ne peut mobiliser la population qu'aux fins de la Défense nationale. »

- La qualité des encadrants formés par des militaires, qui appliqueront des méthodes en cours dans l'armée.

- L'existence du Service civil international et du Service Civique français, qui ont donné toute satisfaction à la jeunesse, qui se sont développés et qui peuvent assurer la mission de " cohésion sociale" mieux que le SNU.

Tous les participants ont souligné l'inutilité du SNU. Certains pensent déjà que ce projet sera un échec, mais tous ont l'intention d'œuvrer avec l'Union pacifiste pour le refus du SNU. Après un échange sur le terme "Objection", l'assemblée a décidé de proposer le communiqué suivant :

 

Appel pour le refus du Service national universel

 

Après la réunion du 15 mars 2019, à Paris, l'Union pacifiste de France (UPF), qui a toujours cherché à protéger la jeunesse contre la militarisation des esprits, s'oppose à la mise en place du Service national universel (SNU).

L’UPF dénonce cette disposition du gouvernement français, qui sera appliquée dès l'été 2019 et qui ne comporte même pas le droit inaliénable à l'objection de conscience.

En 1962, Louis Lecoin, âgé de 74 ans, risquait sa vie dans une longue grève de la faim et obtenait du général de Gaulle le droit à l'objection de conscience au Service militaire.

En 2019, face au retour des dangers du nationalisme, de la discipline militaire et de la soumission l'UPF demande que le Service national universel soit abandonné ou à défaut qu'il garantisse le droit à l'objection de conscience.

Les jeunes, filles et garçons, sont menacés par la militarisation de la société. À chacune et à chacun de les informer et de les défendre.

___

Pour en savoir plus :

- Rapport du groupe de travail SNU par le général de division Daniel Menaouine : https://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/184000733.pdf

- La brochure de la Libre pensée en téléchargement : https://www.fnlp.fr/news/608/17/Service-National-Universel-ou-les-nouveaux-Chantiers-de-Jeunesse.html

- Le blog de Bernard Girard sur Médiapart : https://blogs.mediapart.fr/b-girard-0

- UNL, "Les milliards du SNU pour les lycées" :http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2018/12/04122018Article636795055127346839.aspx

- Alternative libertaire, "Macron veut soumettre la jeunesse" : http://www.alternativelibertaire.org/?Service-national-universel-Macron-veut-soumettre-la-jeunesse

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23 mars 2019

SERVICE NATIONAL UNIVERSEL

Emission SI VIS PACEM de l'Union Pacifiste sur radio libertaire, le 21 mars 2019. Animation Bernard Baissat 

 

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13 février 2019

AFFICHES PACIFISTES, Sylvain Garel, Joël Vacher

 

AFFICHES PACIFISTES ET ANTIMILITARISTES exposées, sur proposition de LUCIO URTUBIA, à l'Espace Louise Michel, Paris, . Avant le démontage, fin décembre 2018, l'historien SYLVAIN GAREL a commenté les affiches de la collection de JOËL VACHER.. Emission SI VIS PACEM, radio libertaire, du 21.02.2019. Animation: Bernard Baissat

 AFFICHES PACIFISTES

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19 janvier 2019

JEAN-LUC PORQUET " Cabu, une vie de dessinateur"

Jean-Luc Porquet, écrivain et journaliste au Canard enchaîné, est l'auteur du livre: " Cabu, une vie de dessinateur". Emission Si Vis Pacem, radio libertaire, 17 janvier 2019 Animation: Bernard Baissat

Jean Luc Porquet "Cabu, une vie de dessinateur"

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22 décembre 2018

AU MALI LA GUERRE N'A RIEN RÉGLÉ, Rémi Carayol

 " AU MALI ,LA GUERRE N'A RIEN RÉGLÉ" par RÉMI CARAYOL, journaliste au Monde Diplomatique. Rémi Carayol parle aussi de Mayotte. Emission SI VIS PACEM, radio libertaire 20.12.2018 Animation: Bernard Baissat

 

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28 novembre 2018

GÉRARD LERETOUR " Soldat ? Jamais !!"

 GÉRARD LERETOUR, émission Si Vis Pacem , radio libertaire, 22 novembre 2018. Avec Olivier Chaumelle, France Culture et Edouard Sill, historien. Animation: Bernard Baissat

 

 

Emission sur France culture d'Olivier Chaumelle: " Gérard Leretour, le héros qui ne voulait pas être soldat"

 

 https://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-lhistoire/apres-1918-lombre-de-la-guerre-44-gerard-leretour-1909-le-heros-qui-ne-voulait-pas-devenir-soldat

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27 novembre 2018

KANAKY 2018

 

KANAKY 2018. Emission Si Vis Pacem, radio libertaire, 25.IO.2018 Avec André Forest de l'USTKE, et les voix de Jean-Jacques de Félice, Walles Kotra, Jean-Marie Tjibaou. Animation: Bernard Baissat

 

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26 novembre 2018

1968 - 2018 D'une jeunesse à l'autre

 1968- 2018. D'une Jeunesse à l'autre.Emission SI VIS PACEM, radio libertaire, 09.08.2018. Avec Monique Dental, Bernard Ravenel, Michelle Perrot. Animation: Bernard Baissat

 

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25 novembre 2018

EXILÉS PORTUGAIS

 

ACCUEILLIR LES EXILÉS HIER ET AUJOURD'HUI, EXILIOS 2 Emission SI VIS PACEM, radio libertaire, 09.08.2018 Animation Bernard Baissat

 

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