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07 mai 2019

SERVICE NATIONAL UNIVERSEL 2

Le Service national universel au pas « cadencé »

 Le 13 juin 2019 les 3 000 premiers appelés du Service national universel seront présents dans 13 établissements scolaires de France pour accomplir la « phase de cohésion » du SNU : réveil à 6 h 30, lever des couleurs, chant de la Marseillaise… Malgré l’énorme propagande déployée par le secrétaire de l’Éducation nationale Gabriel Attal, avec l’appui des radios, télévisions, journaux nationaux et régionaux, pour nier le caractère militariste du SNU et attirer les jeunes mineurs avec des promesses de promotion, il suffit de lire la presse pour comprendre les objectifs réels de ce recrutement.

 

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La propagande militariste

Depuis les attentats de 2015 en France, le matraquage gouvernemental et médiatique sur la nécessité de combattre le « terrorisme » et de s’engager pour protéger son pays, s’est amplifié jusqu’à inventer une nouvelle forme d’engagement : le Service national universel.

Le journal Paris-Match publie un sondage en avril 2019 : 74 % des Français sont favorables à l’instauration du SNU, seuls 10 % de ceux-ci se disent « tout à fait opposés ». L’association Union pacifiste, constituée de membres qui se sont déjà opposés au service militaire et qui dénoncent la militarisation de jeunes mineurs, se range parmi les opposants.

Après la suspension du service militaire en 1996, l’armée a organisé une nouvelle forme de contrôle et de contrainte pour les jeunes avec « la journée d’appel et de solidarité » obligatoire. L’armée précise : « Cette journée doit être accomplie après le recensement militaire (ou "recensement citoyen") par les filles et les garçons, entre le 16e et le 25e anniversaire. Pendant cette journée, vous recevez des enseignements sur les enjeux et objectifs généraux de la défense nationale et des différentes formes d'engagement… Après le recensement et aussi longtemps que vous n'avez pas 25 ans, vous êtes tenus d'informer votre centre du service national de tout changement de domicile, de situation familiale ou de situation professionnelle vous concernant… Avant l'âge de 25 ans, pour pouvoir vous inscrire aux concours et examens soumis au contrôle de l'autorité publique (permis de conduire, BEP, baccalauréat...), vous devez attester de votre participation à la JDC. »

Un jeune appelé, convoqué au Camp des loges de Saint-Germain-en-Laye, raconte : « Des militaires qui se sont engagés très jeunes dans l’armée nous ont raconté leur vie. Ils nous ont fait l’éloge des carrières militaires et des avantages de la profession. Ils nous ont montré des vidéos d’attaques terroristes et ont fait circuler un fusil FAMAS parmi les élèves… Je me suis ennuyé ! »

En jouant sur les peurs, sur la menace d’ennemis réels ou imaginaires et la naïveté des jeunes, l’armée cherche à recruter. La journée d’Appel ne suffisant plus pour les y fourvoyer, le gouvernement décide de créer le SNU. Il a été conçu par une commission présidée par un général. Les premiers témoignages des candidats, recueillis dans la presse en avril 2019 prouvent qu’il intéresse surtout les jeunes séduits par une carrière militaire.

La Montagne : « Marty fait partie des premiers volontaires du Puy-de-Dôme. Il a 15 ans et est en seconde, au lycée général de Chamalières. À la fin de ses études, il aimerait intégrer l'armée de terre. Le SNU c'est donc pour lui l'occasion d'avoir un avant-goût de l'armée. »

L’Alsace : « Parmi le personnel d’encadrement figureront (entre autres) des militaires : "Pour le moment, je ne sais pas encore ce que je veux faire plus tard (Manon, 16 ans, originaire d’un petit village de Haute-Saône). Mais peut-être que les métiers de l’armée m’intéresseront…", imagine l’adolescente. »

L’Étudiant : Après avoir revêtu son uniforme Alexis déclare : « On retrouve bien l’esprit militaire, c’est assez représentatif. » Pour Sarah, cet uniforme a une grande valeur à ses yeux : « Depuis toute petite, je veux devenir gendarme. Je comptais faire mon service militaire à 18 ans. Finalement, je commence à 16 ans par le SNU. C’est mon tout premier uniforme, j’en suis fière. »

La Croix : « Maël …, (16 ans) l’un des premiers participants au service national universel envisage de passer le concours de pompier militaire à Marseille quand il sera majeur. Si je n’y parviens pas, je pense me rediriger vers l’armée ou la police ”, affirme-t-il, sans hésiter ».

Les jeunes volontaires à la première phase du SNU ont bien compris l’objectif de ce dispositif.

 

L’armée à l’école

Depuis plusieurs dizaines d’années l’armée s’est imposée dans les écoles françaises. Notre ami Cabu avait offert à l’Union pacifiste de beaux dessins sur ce sujet.

En 2015, sous le titre « De la maternelle au baccalauréat, l’éducation à la défense » le ministère de l’Éducation nationale présente ses objectifs : « La culture de défense et de sécurité nationale est inscrite dans le socle commun de connaissances et de compétences que les élèves doivent acquérir pendant leur scolarité à l'école, au collège et au lycée… L’enseignement de la défense et la sécurité nationale s'articule autour de plusieurs questions transversales : la défense militaire, la défense globale, les risques et menaces nouveaux, les progrès de la défense européenne, la sécurité nationale. »

Des « Ateliers défense » sont organisés dans plusieurs établissements de l’Éducation nationale. En avril 2018, par exemple, dans l’académie de Lille, les métiers de la défense sont présentés aux collégiens et aux lycéens. Le journal local rapporte : « L’objectif de cette journée est de sensibiliser les collégiens et les lycéens, les enseignants et les chefs d'établissement à l'esprit de défense et aux différents métiers qui y sont associés, au lien armées-Nation et aux principes de défense et de citoyenneté. » Un professeur précise : « Les élèves ont par exemple fait une immersion dans une caserne. Cela permet de les faire réfléchir en tant que citoyen et de consolider les relations entre l'armée et l'Éducation Nationale. »

L’instauration du Service national universel renforce donc cette militarisation des jeunes élèves comme en témoignent dans les média les premiers candidats au SNU.

La Montagnerapporte les propos de Sarah, en seconde au lycée Jean-Favard de Guéret. « Moi je veux rentrer dans la gendarmerie, alors je suis contente de faire partie des premiers à suivre le SNU. »

« Mon projet, c’est l’armée de terre, explique Marty. J’ai été mis au courant du SNU par un mail envoyé par l’armée. J’ai tout de suite voulu y participer. »

Europe 1 : « Plusieurs jeunes filles ont également réclamé une formation préalable de self-défense… En une demi-heure, les adolescents sont presque devenus des guerriers.

Le choix des 13 établissements scolaires qui accueilleront les premiers appelés ne s’est pas fait au hasard. Ils sont presque tous situés à proximité de centres militaires. À Bourges, la ville qui concentre une grande quantité de fabricants d’armes, les jeunes logés au lycée Alain Fournier, pourront, « faire un service en uniforme » comme le rapporte le journal Le Berry : « L'armée sera partie prenantedans la formation des encadrants (titulaires du Bafa, éducateurs spécialisés...), elle participera également à l'encadrement et à plusieurs modules pédagogiques. »

ÀVesoul, le journal local se félicite de l’arrivée du SNU au lycée Belin : « La Haute-Saône réunit plusieurs acteurs essentiels pour la mise en place de ce SNU, et compte parmi ses atouts, la présence d’une base aérienne sur son territoire, à Luxeuil-les-Bains. Nous avons eu une culture du service militaire à l’époque, et même si le SNU n’est pas un service militaire, cette culture fait que nos encadrants sont capables d’accompagner cette préfiguration. »

Enfin à Évreux, les appelés du lycée Aristide Briand, pourront bénéficier  de l’intervention de Sébastien Lecornu, ancien président du Département de l’Eure devenu ministre, qui veut « mettre en place ici quelques modules originaux que l’on ne trouvera pas ailleurs : autour de l’armée, par exemple, avec la base aérienne 105. » Gabriel Attal précise : « les jeunes pourront par exemple travailler sur les avions de chasse, le mur du son, à travers les mathématiques, la physique-chimie et la technologie… Cette option montre que des liens existent déjà entre l’armée et l’Éducation nationale. C’est une dynamique à poursuivre avec le SNU ».

De 3 000 volontaires cette année, le secrétaire d’État compte passer à 40 000 en 2020, et à 400 000 jeunes de la classe d’âge quand le SNU sera obligatoire.

 

L’appel de l’Union pacifiste

Les membres de l’Union pacifiste, qui ont toujours dénoncé les méfaits de l’esprit militariste et qui veulent protéger les jeunes filles et garçons mineurs contre les dangers de l’utilisation de la violence et des armes, s’opposent à la mise en place du SNU.

Dans une période où de graves tensions secouent les populations du monde il est préférable de s’occuper d’une éducation à la paix plutôt que d’une formation à la guerre.

Déjà plusieurs mouvements de jeunesse se sont prononcés contre le SNU. Des syndicats comme Solidaires et l’Union nationale lycéenne, des partis politiques, des courants philosophiques comme La libre pensée, ont déjà déclaré leur opposition au SNU.

L’Union pacifiste aimerait que des associations, des syndicats et des personnalités de l’enseignement et de la culture s’engagent pour faire annuler cette disposition du gouvernement français.

Des exemples doivent nous faire réfléchir : les « réserves militaires juniors » mises en place aux États-Unis après les attentats de 2011, ont permis des entraînements guerriers d’adolescents et des tueries à répétition dans les établissements scolaires.

Au BrésilJair Bolsonaro a promis d'implanter un collège militaire dans chacune des 26 capitales d'État, mais aussi de multiplier les écoles gérées par la police militaire dans tout le pays. »

Même s’il est mal venu de comparer la France d’aujourd’hui à ces deux États autoritaires, il est prudent dans un pays qui a démontré son goût pour les armes et les guerres de ne pas favoriser cette tendance dans la jeunesse.

L’histoire nous rappelle que la préparation à la guerre dans une période troublée conduit souvent à des catastrophes « universelles » !

Nous disons donc : NON à l’endoctrinement des jeunes, NON au SNU !

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19 avril 2019

MARTINE BULARD:CORÉES.ENFIN LA PAIX ?

 

Martine Bulard, rédactrice en chef adjointe du Monde Diplomatique, présente le numéro de Manière de voir: " Corées. Enfin la paix ? " Emission Si vis pacem de l'Union pacifiste, sur radio libertaire, le 18 avril 2019. Animation: Bernard Baissat

 

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30 mars 2019

SERVICE NATIONAL UNIVERSEL & L'UNION PACIFISTE

 

 

NON au Service National Universel !

NON à la militarisation de la jeunesse !

Communiqué 2 Jpeg

 

Le 15 mars 2019, une vingtaine de pacifistes se sont réunis dans le petit local parisien de l'Union Pacifiste pour donner leur opinion sur la mise en place du SNU (Service National Universel) et le recrutement le 4 mars 2019 d'un premier contingent de 3 000 jeunes filles et garçons.

 

Rappel des faits

Les pacifistes connaissent tous la promesse d’Emmanuel Macron, candidat à la présidence de République en 2017, qui demandait le rétablissement d'un Service National « encadré par les armées et la gendarmerie nationale ». Il précisait : « Ce service national permettra aussi de disposer, en cas de crise, d'un réservoir mobilisable complémentaire de la garde nationale. »

Les pacifistes ont lu le rapport du général Daniel Menaouine, responsable en 2018 du groupe de travail sur le SNU : « … chaque génération doit, autour de sa majorité, prendre conscience des enjeux de la défense et de la sécurité nationale, s'approprier les moyens d'en comprendre les outils et discerner le rôle que chacun peut y jouer. »

Le service sera organisé en deux phases majeures :

« La phase 1, obligatoire, après la classe de troisième, entre 15 et 18 ans, comprend un temps de cohésion (15 jours en hébergement, centrés sur les valeurs, les savoir-faire, et savoir-être) et un temps de projet collectif (15 jours)... La première des filières est celle liée à la défense et à la sécurité nationales, entendues dans leur acceptation la plus large. »

La phase 2 est celle de « l'engagement volontaire pour une durée de trois à six mois, avant 25 ans... Cette période pourrait aussi être celle de la préparation militaire. » Tout en insistant sur « l'efficacité souvent démontrée des méthodes militaires de formation » le rapport du général note « qu'une minorité, qu'on espère réduite, rechigne à se soumettre à cette exigence ne mérite pas qu'on mette en danger l'ensemble du système. » Le général Menaouine ajoute : « On ne doit pas dissimuler l'ampleur des oppositions qui, sans doute minoritaires aujourd'hui, pourraient demain concerner, de manière plus significatives, les principaux intéressés, c'est-à-dire les jeunes et leurs organisations. » Sachant que des antimilitaristes existent encore en France, le général prévient : « Il est aisé de caricaturer le projet, en méconnaissant ses dimensions novatrices : on pourrait y voir le simple rétablissement d'un service militaire vaguement "civilianisé", improvisé, bricolé, et reposant sur une critique implicite de la jeunesse par des générations plus âgées, qui n'ont d'ailleurs pas fait de service militaire et peuvent ainsi l'idéaliser, mettant en cause l'absence de valeurs, l'irrespect pour l'autorité ou les institutions, regrettant l'individualisme et appelant à la solidarité sans risque puisqu'elle ne concerne pas ceux qui la vantent. »

Les membres de l'Union Pacifiste ont été flattés de constater que, par ces propos, le général ne les a pas oubliés ! Ils savent d'autre part que le ministère des Armées n'a pas voulu s'occuper de l'accueil des "appelés" et n'a pas accepté de consacrer une part de son budget à l'organisation du SNU. C'est donc le ministère de l'Éducation Nationale, déjà en difficulté, et le secrétaire d'État Gabriel Attal qui sont chargés de lancer le dispositif.

Gabriel Attal déclare : le SNU « n’est pas un service militaire » et il ajoute : « [le président de la république] a toujours été clair aussi sur le fait que les militaires seront présents dans le SNU. D'ailleurs, l'architecture initiale a en partie été construite par le général Menaouine et son groupe de travail. Les militaires participeront à la formation des encadrants et à une partie de l'encadrement, ainsi qu'aux interventions notamment pour les modules défense, résilience ou cohésion en plein air. J'y travaille avec mes collègues Florence Parly, ministre des Armées, et sa secrétaire d'État, Geneviève Darrieussecq, et j'ai rencontréle chef d'état-major des armées, le général Lecointre, pour avancer avec lui sur ces sujets. »

Interrogé le 5 mars 2019 par la commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat, Gabriel Attal a dû répondre à des sénatrices et des sénateurs qui s'étonnent que les parlementaires n'aient pas été consultés sur le SNU et qu'ils aient appris par les médias le lancement du SNU. Ils reprochent le flou du projet sur le financement et s'interrogent sur la base légale de l'organisation de la phase-test.

Il s'agit en effet de regrouper, dès le 16 juin 2019, 3 000 jeunes mineurs, âgés de 16 ans, dans des "maisonnées" situées dans 13 départements : Les Ardennes, le Cher, la Creuse, l'Eure, la Guyane, Les Hautes-Pyrénées, la Haute-Saône, la Loire-Atlantique, le Morbihan, le Nord, le Puy-de-Dôme, le Val-d'Oise, le Vaucluse. On sait déjà que dans les Ardennes, 150 à 200 jeunes passeront deux semaines au sein du lycée Bazin de Charleville-Mézières (des locaux mis à disposition par la Région). Même chose dans le Vaucluse, où le lycée Pétrarque d'Avignon se tient prêt à accueillir les jeunes volontaires, ou encore dans la Creuse, où le lycée des métiers du bâtiment de Felletin leur servira de camp de base. Dans les Hautes-Pyrénées, le lieu sera un centre d'hébergement de l'association des pupilles de l'enseignement public (Pep) à Artigues.

 

Réactions au SNU

Les responsables du lancement du SNU, civils et militaires, ont choisi d'éviter, dans un premier temps le terme "obligatoire" et utilisent les méthodes de la publicité pour attirer les jeunes adolescents dans leur projet : commencer par une période basée sur le volontariat, faire miroiter des avantages (comme la possibilité d'obtenir le permis de conduire et de se préparer à de nouveaux métiers), offrir une belle plaquette où sont présentées les différentes périodes de l'engagement.

Il est intéressant de relever dans "la première phase de cohésion" les réponses aux questions que les candidats risquent de se poser :

- « À quelle heure je dois me lever ?

- À 6h30. La journée débute par le lever des couleurs, cérémonie pendant laquelle on lève le drapeau français et chante la Marseillaise.

- Je peux garder mon portable ?

- Il est interdit la journée pendant les activités.

- Je m'habille comment ? 

- Nous allons fournir une tenue que tu pourras conserver. Pour des raisons de circonstance la première proposition qui était « un gilet jaune avec le sigle SNU » risque d'être abandonnée !

Il est intéressant de savoir comment les jeunes, consultés pendant leur « Journée défense et citoyenneté » obligatoire, ont répondu. 25 % ont dit qu’ils "n’ont pas du tout envie de faire leur SNU".

En juin 2018, 14 organisations de jeunesse se sont opposées à un SNU obligatoire : Animafac, Coexister, Fédération des associations générales étudiantes (Fage), Jets d'encre, Les Jeunes Écologistes, Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), La Mutuelle des étudiants (LMDE), MAG Jeunes LGBT, Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC), Promotion et défense des étudiants (PDE), Syndicat général des lycéens (SGL), Union nationale des étudiants de France (Unef), Union nationale lycéenne (UNL), Union nationale lycéenne – syndicale et démocratique (UNL-SD).

Louis Boyard, président de l'UNL déclare : « on demande que le SNU soit annulé. Ce n'est pas au SNU de nous éduquer ou d'assurer la mixité sociale. C'est à l'École de le faire. On demande que le budget prévu pour le SNU, 3 milliards, soit versé aux lycées. »

En septembre 2018, l'historien Bernard Girard consacre plusieurs articles de son blog sur Médiapart au SNU. Ils ont pour titre : « SNU : surveiller et soumettre », « Un projet qui vise les plus jeunes toujours plus jeunes ». Il remarque : « le recours à la désobéissance civile ! Un peu lourd à porter, quand même, quand on n’a que 15 ou 16 ans. » Et enfin : « Boycottons le Service National Universel ! »

En décembre 2018, la Libre Pensée, publie un document très complet sous le titre : « Le service National universel ou les nouveaux chantiers de jeunesse », faisant référence à l'époque sombre de la collaboration. On peut lire : « Il s’agit en fait d’imbiber la société par le militaire. C’est la discipline des consciences qui est recherchée... Dès 15 ans, on va ainsi “bourrer le crâne” des enfants sur la question de la Défense nationale au sein de l’École publique... On va donc faire intervenir des militaires, des gendarmes, des Anciens Combattants, des réservistes de tout poil, qui vont parler de la Patrie et de la Défense nationale (nom pudique d’aujourd’hui pour ne pas dire « de la Guerre »). Que devient la liberté de conscience de celui ou de celle qui se moque comme de sa première chemise de la “cohésion nationale” ? »

En 2019, quelques journaux pour la jeunesse, et particulièrement pour les jeunes filles, présentent le SNU et s'interrogent sur le contenu de la formation. En février 2019, le numéro d'Alternative libertaire, est plus radical : « Macron veut soumettre la jeunesse... Le service national qu’il soit militaire ou non est une privation de liberté »

 

Position de l'Union Pacifiste

Les membres de l'Union Pacifiste se sont réunis le 15 mars 2019, à Paris, avec des membres d'associations, de syndicats, de mouvements de jeunesse, de partis politiques, d'organisations laïques, pédagogiques ou écologistes, avec des historiens, des journalistes et des écrivains, afin de définir une position commune.

Chacun s'est exprimé sur son interprétation du Service National Universel au regard de ses connaissances de l'engagement civique ou de ses expériences du refus du service militaire.

Les points suivants ont été soulevés :

- l'âge précoce du recrutement qui facilite le "bourrage de crâne". Le rapport du général Ménaouine mentionnait déjà : « La difficulté est que l'état actuel du droit constitutionnel semble interdire à l'État de se voir reconnaître par la loi le droit d'imposer une obligation de séjour durant un mois et d'activités ultérieures à l'ensemble d'une classe d'âge... L'État ne peut mobiliser la population qu'aux fins de la Défense nationale. »

- La qualité des encadrants formés par des militaires, qui appliqueront des méthodes en cours dans l'armée.

- L'existence du Service civil international et du Service Civique français, qui ont donné toute satisfaction à la jeunesse, qui se sont développés et qui peuvent assurer la mission de " cohésion sociale" mieux que le SNU.

Tous les participants ont souligné l'inutilité du SNU. Certains pensent déjà que ce projet sera un échec, mais tous ont l'intention d'œuvrer avec l'Union pacifiste pour le refus du SNU. Après un échange sur le terme "Objection", l'assemblée a décidé de proposer le communiqué suivant :

 

Appel pour le refus du Service national universel

 

Après la réunion du 15 mars 2019, à Paris, l'Union pacifiste de France (UPF), qui a toujours cherché à protéger la jeunesse contre la militarisation des esprits, s'oppose à la mise en place du Service national universel (SNU).

L’UPF dénonce cette disposition du gouvernement français, qui sera appliquée dès l'été 2019 et qui ne comporte même pas le droit inaliénable à l'objection de conscience.

En 1962, Louis Lecoin, âgé de 74 ans, risquait sa vie dans une longue grève de la faim et obtenait du général de Gaulle le droit à l'objection de conscience au Service militaire.

En 2019, face au retour des dangers du nationalisme, de la discipline militaire et de la soumission l'UPF demande que le Service national universel soit abandonné ou à défaut qu'il garantisse le droit à l'objection de conscience.

Les jeunes, filles et garçons, sont menacés par la militarisation de la société. À chacune et à chacun de les informer et de les défendre.

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Pour en savoir plus :

- Rapport du groupe de travail SNU par le général de division Daniel Menaouine : https://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/184000733.pdf

- La brochure de la Libre pensée en téléchargement : https://www.fnlp.fr/news/608/17/Service-National-Universel-ou-les-nouveaux-Chantiers-de-Jeunesse.html

- Le blog de Bernard Girard sur Médiapart : https://blogs.mediapart.fr/b-girard-0

- UNL, "Les milliards du SNU pour les lycées" :http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2018/12/04122018Article636795055127346839.aspx

- Alternative libertaire, "Macron veut soumettre la jeunesse" : http://www.alternativelibertaire.org/?Service-national-universel-Macron-veut-soumettre-la-jeunesse

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23 mars 2019

SERVICE NATIONAL UNIVERSEL

Emission SI VIS PACEM de l'Union Pacifiste sur radio libertaire, le 21 mars 2019. Animation Bernard Baissat 

 

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13 février 2019

AFFICHES PACIFISTES, Sylvain Garel, Joël Vacher

 

AFFICHES PACIFISTES ET ANTIMILITARISTES exposées, sur proposition de LUCIO URTUBIA, à l'Espace Louise Michel, Paris, . Avant le démontage, fin décembre 2018, l'historien SYLVAIN GAREL a commenté les affiches de la collection de JOËL VACHER.. Emission SI VIS PACEM, radio libertaire, du 21.02.2019. Animation: Bernard Baissat

 AFFICHES PACIFISTES

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19 janvier 2019

JEAN-LUC PORQUET " Cabu, une vie de dessinateur"

Jean-Luc Porquet, écrivain et journaliste au Canard enchaîné, est l'auteur du livre: " Cabu, une vie de dessinateur". Emission Si Vis Pacem, radio libertaire, 17 janvier 2019 Animation: Bernard Baissat

Jean Luc Porquet "Cabu, une vie de dessinateur"

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22 décembre 2018

AU MALI LA GUERRE N'A RIEN RÉGLÉ, Rémi Carayol

 " AU MALI ,LA GUERRE N'A RIEN RÉGLÉ" par RÉMI CARAYOL, journaliste au Monde Diplomatique. Rémi Carayol parle aussi de Mayotte. Emission SI VIS PACEM, radio libertaire 20.12.2018 Animation: Bernard Baissat

 

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28 novembre 2018

GÉRARD LERETOUR " Soldat ? Jamais !!"

 GÉRARD LERETOUR, émission Si Vis Pacem , radio libertaire, 22 novembre 2018. Avec Olivier Chaumelle, France Culture et Edouard Sill, historien. Animation: Bernard Baissat

 

 

Emission sur France culture d'Olivier Chaumelle: " Gérard Leretour, le héros qui ne voulait pas être soldat"

 

 https://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-lhistoire/apres-1918-lombre-de-la-guerre-44-gerard-leretour-1909-le-heros-qui-ne-voulait-pas-devenir-soldat

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27 novembre 2018

KANAKY 2018

 

KANAKY 2018. Emission Si Vis Pacem, radio libertaire, 25.IO.2018 Avec André Forest de l'USTKE, et les voix de Jean-Jacques de Félice, Walles Kotra, Jean-Marie Tjibaou. Animation: Bernard Baissat

 

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26 novembre 2018

1968 - 2018 D'une jeunesse à l'autre

 1968- 2018. D'une Jeunesse à l'autre.Emission SI VIS PACEM, radio libertaire, 09.08.2018. Avec Monique Dental, Bernard Ravenel, Michelle Perrot. Animation: Bernard Baissat

 

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